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Note de synthèse

Références


  • Amable, B. & Askenazy, P. (2005) Introduction à l’économie de la connaissance, rapport UNESCO Construire des sociétés du savoir
    pour aller plus loin
  • Bouchez, J.-P. (2014) Autour de l’économie du savoir : ses composantes, ses dynamiques et ses enjeux Savoirs (n° 34), p. 9-45 •
    pour aller plus loin
  • Rapport de l’OCDE (1996) L’économie fondée sur la savoir
    pour aller plus loin
  • Vicente, J. (20..) Économie de la connaissance Cours, Institut d’Études Politiques de Toulouse •
    pour aller plus loin
  • Rapport du groupe présidé par Viginier, P. (2002) La France dans l’économie du savoir pour une dynamique collective
    pour aller plus loin

Sommaire


    Introduction
  1. L’économie de la connaissance en questions
    • Qu’est-ce que l’économie de connaissance ?
    • Un nouveau modèle productif
  2. L’économie de connaissance : déterminants et enjeux
    • Le savoir : éducation & formation
    • Enjeux de la nouvelle technologie de l’information et de la communication
    • Notion de territoire
    • Aspect financier & nouveau modèle productivité
  3. L’économie de connaissance : limites et risques
    • Limites
    • Risques
    Conclusion

Synthèse


Introduction

Le concept d’économie revêt plusieurs sens et plusieurs formes (Bouchez, 2014). On peut le définir comme un modèle productif qui repose sur des activités « immatérielles » telles que la recherche et l’éducation (Amable & Askenazy, 2005). Selon le rapport de l’OCDE, les économistes intègrent désormais à leurs modèles, l’économie liée au savoir et à la technologie. Vicente (20..) affirme que l’Union Européenne l’envisage comme un enjeu stratégique de développement économique durable qui offre la possibilité d’améliorer l’emploi et la cohésion sociale.

L’économie de connaissance en questions

Pour Bouchez (2014), la connaissance n’est pas un bien comme les autres. L’économie du savoir a donné lieu à une nouvelle forme de capitalisme, fondé sur « l’investissement intellectuel ».

Qu’est-ce que l’économie de connaissance ?

Bouchez (2014) explique que les économistes ont développé le concept d’économie du savoir pour comprendre une nouvelle évolution du capitalisme qualifié de post-industriel. La production et le contrôle des connaissances demeure le principal enjeu de la valorisation du capital. L’auteur écrit que les économistes ont démontré le lien entre la croissance et les secteurs qui fabriquent de la connaissance. Pour Amable & Askenazy (2005) l’économie de la connaissance recouvre les activités immatérielles : la production de savoir, de science, de compétence technique et de « capital humain ». D’après Vicente (20..), le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), à la fin des années 90, a amplifié la diffusion de la connaissance. Les NTIC ont permis des gains de productivité, ont favorisé l’émergence de nouvelles industries (multimédia, commerce électronique…) et ont vu naître de nouveaux modèles organisationnels. Selon l’auteur, les entreprises sont passées d’un système d’informations centralisé à une informatique de réseau, caractérisée par la mise en relation des savoirs.

Un nouveau modèle productif

Le rapport de l’OCDE décrit la mutation du modèle productif. Le modèle d’entreprise classique se caractérise par un centre unique de décision, des activités indépendantes, une structure uniforme et une culture d’entreprise. Selon l’OCDE, les entreprises sont devenues « flexibles » : leurs centres sont multiples, leurs unités de production, interdépendantes. Elles forment des alliances multiples et prônent une culture cosmopolite. Bouchez (2014) cite une étude de Jacobs (1961, 1969, 1984), qui a observé le développement des villes nord-américaines. Cet économiste montre que la diversité sectorielle, en rassemblant une diversité de population, a permis à ces villes d’être un berceau de l’innovation et de la croissance. Il soutient que la diversité et les échanges d’idées jouent un rôle important dans la création d’une vitalité urbaine dynamique. D’après Bouchez, les années 2000 avec l’essor des NTIC, ont conduit à un saut technologique et coopératif. L’usage des plates-formes collaboratives et des réseaux sociaux a redistribué le pouvoir entre les informaticiens et les détenteurs de savoir. Un phénomène de mutualisation des connaissances a vu le jour. Les entreprises du CAC 40 ont intégré ces dispositifs et ont su en retirer des bénéfices techniques : résolution de problèmes liés à une pratique professionnelle, accélération de la circulation et du partage d’informations, voire création de savoirs (Bouchez, 2014).

L’économie de connaissance : déterminants et enjeux

Le savoir : éducation & formation

Viginier (2002) met en évidence une mutation du contexte socio-économique. Elle nécessite de concevoir autrement le rôle et les objectifs de la formation dans une perspective d’efficacité économique et de justice sociale. Il note l’importance qui est accordée à « la formation tout au long de la vie » tant au niveau européen et qu’au niveau français.

Selon le rapport de l’OCDE, une économie fondée sur le savoir exige une main-d’œuvre hautement qualifiée. Les investissements des entreprises dans la recherche et le développement (R-D) requièrent un besoin important en emplois hautement qualifiés et bien rémunérés. L’OCDE donne la preuve que la formation scientifique a joué un rôle majeur dans le progrès technologique. Elle offre une base culturelle commune pour l’échange d’informations entre les réseaux de chercheurs et d’universitaires et les entreprises.

Pour Amable & Askenazy (2005) les connaissances se diffusent d’autant plus rapidement que les NTIC progressent et que les individus sont éduqués et compétents dans les domaine techniques, scientifiques, etc.

Enjeux de la nouvelle technologie de l’information et de la communication

Vicente (20..) développe l’idée d’une causalité entre l’essor des technologies de l’information et le développement de l’économie de la connaissance. Il note que leurs diffusions ont produit des changements techniques et organisationnels. Les NTIC favorisent les pratiques d’externalisation et le modèle d’entreprise en réseau. Selon lui, la connaissance devient collective et circule d’une unité à l’autre (production, R-D, marketing, commerce…). Viginier (2002) considère qu’elles jouent un rôle majeur, car elles simplifient l’accès à l’information et facilitent la capacité d’apprentissage des acteurs concernés.

Pour Vicente (20..) l’essor des NTIC a permis l’émergence de communautés d’utilisateurs-développeurs et de processus d’invention collective. Ces progrès tendent à diminuer les coûts de mise en forme et de transmission des connaissances. Il en découle une circulation de connaissances de plus en plus complexes. Ainsi les connaissances, avec une diffusion plus large, ont plus de chance d’être perfectionnées. Les NTIC augmentent ainsi la vitesse du processus d’innovation.

Notion de territoire

Dans un contexte de mondialisation, explique Viginier (2002), l’enjeu est de maintenir et de développer sur le territoire des activités intensives en connaissances. Par exemple, Vignier indique que, l’attractivité du territoire français repose principalement sur les investissements réalisés dans les universités et les grandes écoles et sur la disponibilité d’infrastructures de R-D. Il ajoute que le territoire bénéficie, par sa position géographique, d’un bon accès aux marchés européens. Il constate que l’Ile de France concentre la majeure partie de création d’emplois qualifiés. Viginier (2002) fait le lien entre l’ancrage territorial et la mise en œuvre de coopérations et d’apprentissages collectifs. Cette capacité, qu’il nomme rencontre productive, donne la possibilité, par exemple de résoudre des problèmes productifs. Selon lui, la localisation des grandes firmes est motivée par une stratégie de compétitivité. Il distingue deux stratégies de développement des territoires :

  • une politique d’investissement des régions pour attirer les entreprises sur leurs territoires ;
  • une politique de l’État et de l’Europe qui vise à encourager les activités de recherche et d’innovation. Ces politiques cherchent à limiter les effets de désertification des régions périphériques.

Aspect financier & nouveau modèle productivité

Bouchez (2014) propose l’idée d’un savoir devenu « objet » de marchandisation. Il décrit un phénomène d’auto-alimentation entre ces deux pôles (finance et savoir). Les marchés financiers injectent des capitaux dans l’économie du savoir dans une perspective marchande. En retour, ils tirent avantage des retombées commerciales des innovations. Il souligne que les secteurs bancaires et financiers reposent de plus en plus sur l’accumulation de savoirs complexes (comme les mathématiques financières). Ce sont poursuit-il, de véritables industries intensives en connaissance. Pour Viginier (2002), l’entreprise est devenue un objet hybride : un actif financier au regard des investisseurs et un actif cognitif, centré sur le cœur du métier et ses compétences clés. L’auteur prend comme exemple les sociétés de capital-risque qui ont joué un rôle radical dans l’émergence des start-ups de la Silicone Valley. Il présente leurs rôles :

  • Le financement de la phase de transition (pour recruter et financer les demandes de services) ;
  • Une sélection des entreprises les plus innovantes (qualité de la technologie, marché potentiel…) ;
  • L’apprentissage collectif des connaissances (accumulation de l’expertise et de l’expérience des capital-risqueurs) ;
  • L’émergence d’un réseau d’innovations des entreprises, en favorisant la création de liens sociaux (partage des ressources cognitives).

Enfin, Bouchez (2014) constate une limite dans la production de connaissances devient dépendante des marchés : elle se trouve contrainte par la rentabilité financière .

L’économie de connaissance : limites et risques

La production de savoirs relève de deux sources : « le savoir ouvert » provenant de la recherche des institutions publiques et « le savoir fermé » issu du secteur recherche et développement des entreprises.

Limites

Viginier (2002) repère les années 90, comme le début d’une montée en puissance des droits de propriétés intellectuelles et d’une tendance de privatisation des connaissances. L’auteur pense que les entreprises ont un souci croissant de protéger l’innovation issue de l’économie de la connaissance. Le brevet paraît être un bon exemple d’équilibre entre la protection de l’inventeur et la diffusion des savoirs. L’inventeur garde le monopole de la diffusion de son invention en échange de la publication des détails techniques, sur laquelle d’autres pourront fonder leurs recherches.

Viginier oppose savoirs privés et savoirs publics. Le savoir public est caractérisé par la divulgation des résultats de la recherche. Il est financé par des établissements publics. Dans ce cas, les chercheurs ne peuvent pas s’approprier leurs innovations de manière privée. Ils obéissent à la règle de priorité, qui assure la reconnaissance de l’auteur d’une découverte à partir du moment où il la publie. L’auteur affirme qu’il y a une complémentarité entre la R-D privée et la recherche publique. La première a besoin de mobiliser les connaissances produites dans la sphère de la science ouverte, dont elle n’aurait pas pu prendre en charge la production. La seconde ne pourrait exister sans la perspective d’une exploitation commerciale.

Mais Viginier craint une perte de vitesse du système de la recherche française. Sa faiblesse aurait pour origine une interaction trop limitée entre science et industrie. L’auteur souligne que le système français de recherche souffre d’un manque d’attractivité de la carrière de chercheur. Il décrit une crise de l’emploi scientifique :

  • le système de recrutement reste opaque quant aux profils des candidats recrutés.
  • l’insertion professionnelle n’est pas aisée pour de nombreux jeunes docteurs (situation de précarité)
  • Une gestion difficile des personnels de la recherche (l’élaboration de stratégies claires fait défaut en matière d’évolutions disciplinaires)

Risques

Amable & Askenazy (2005) pensent que la tendance à la privatisation des connaissances présente des risques. Le recours croissant aux droits de propriété industrielle (brevets) provoque une augmentation des coûts. Ce peut provoquer un ralentissement de l’innovation. De plus, les chercheurs s’inquiètent de l’influence croissante du secteur marchand. Ils soulèvent la question de la partialité sur la mise en place des agendas de la recherche fondamentale. Le secteur marchand ne pourrait financer que ce qui lui paraît rentable. Selon Bouchez (2014) un risque important viendrait de cette tendance à la privation, qui assimilerait le savoir à un simple objet de marchandisation. Il craint une captation des connaissances. Bouchez montre que le développement de cette privatisation par la propriété intellectuelle peut avoir pour effet d’exacerber la concurrence et pourrait freiner à terme l’exploitation des innovations. L’auteur signale une nouvelle forme d’appropriation de la connaissance : on assiste à une asymétrie dans la relation entre le pôle des finances et le pôle du savoir. La finance occupe une position dominante dans cette relation, au détriment du savoir.

Il conviendrait, selon lui, de trouver un équilibre entre l’exclusivité, liée à la propriété intellectuelle et la libre divulgation de la connaissance.

Conclusion

Avec l’essor de l’économie du savoir, on assiste à une mutation du modèle productif. (OCDE 1996). Le partage des ressources cognitives, en favorisant la création de liens sociaux, constitue un facteur important de l’émergence de l’innovation en entreprises (Viginier 2002). Les connaissances se diffusent d’autant plus rapidement que les progrès dans les nouvelles technologies de l’information sont rapides et que les individus sont éduqués et expérimentés ( Amable & Askenazy 2005). Pour Bouchez (2014), la diversité sectorielle favorise l’innovation entre des personnes issues de domaines d’activités différents.

L’enjeu est de trouver un équilibre entre une mondialisation croissance de la production de savoirs et les activités de l’économie de la connaissance développée au niveau régional (Viginier 2002). Il s’agit de comprendre le rôle de l’éducation, de la formation et de la recherche publique pour saisir les transformations institutionnelles que requiert l’économie du savoir. Enfin, la transformation des modes d’organisation soulève le problème de gestion de la connaissance dans les organisations et de l’interaction entre les acteurs publics et privés (ibid.).

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